
Autogenèse 22
A ceux qui m’ont trahis.
Je ne suis pas incompris, je suis simplement mal entendu.
Mon intelligence existe par la résonance de ce que je ressens pleinement dans mon âme. Je ne relie pas les choses parce qu’elles se ressemblent, mais parce qu’elles résonnent en moi et entre elles.
Mes raisonnements ne sont pas des mots, mais des ondes colorées que ma conscience tente de décrypter, à l’image des notes de musique. Mon intelligence naît avant les mots. Elle a pourtant besoin d’eux pour donner forme à ce qui résonne en moi.
Mon métronome de pensée demeure hors du temps commun. Je n’avance ni plus vite ni plus lentement : je bats simplement une autre mesure. De ce décalage découle mon isolement dans un monde où ma voix ne trouve pas toujours son écho.
Je n’ai jamais quitté mon âme d’enfant qui découvre le monde. Cette candeur n’est pas de la naïveté : elle est ma disposition naturelle à l’émerveillement, à la confiance et au bonheur. Ma conscience ouverte aux autres m’a aussi exposé à leurs intérêts particuliers, ce qui a nourri tout au long de ma vie mes blessures et, en réponse, mon besoin de créer pour protéger ma nature heureuse.
Alors je crie. Ce cri a construit mon art et, au terme de ma vie, mon art est devenu une œuvre.
Cette œuvre porte aussi ce que j’ai cherché toute ma vie : un amour impossible dont je n’ai connu que de banales fulgurances.
Cette liberté de pensée, ne serait-ce pas cela, l’esprit créatif ?
Je me heurte, dans mon existence, à la rigidité de certains modes de pensée lorsqu’ils pratiquent la mauvaise foi. Ils préfèrent ce qu’ils connaissent déjà à ce qui leur est réellement donné à comprendre.
Mathius TO’ERAU le suréviste
