Mon art est éruptif ?
Ma peinture, faussement spontanée mais intuitive, est un cri répondant au souffle d’une inspiration singulière. Mon art, à l’image de l’éruption d’un volcan, colore le ciel de mes douleurs des couleurs de mes entrailles. Si mes œuvres paraissent parfois relever d’un expressionnisme primitif, cette lecture est fausse : elles seraient plus proches de l’étiquette d’art éruptif.
J’ai fini de peindre, au crépuscule de ma vie, avec des tonalités pastellisées ; c’est donc le signe de l’aboutissement de l’enfant indigné en moi.
La plus haute forme d’intelligence est le bon sens.
Aujourd’hui, par mes écrits et ce film statique qu’est mon site web, je transmets.
Si j’avais été toi, je serais l’autre qui dirait : « Je ne comprends pas. »
Pourtant, j’ai survécu plus de 75 ans aux souffrances de la médiocrité humaine.
Paradoxalement, ma peinture est joyeuse, quand bien même elle apparaît souvent tourmentée.
J’ai créé pour résister à la déchéance mentale, avec une violente envie de rater ou de détruire mes œuvres. Ce réflexe de destruction est un toc pour cacher ma nature joyeuse. Je suis un survivant du naufrage humain.
Ma peinture est bien trop sophistiquée pour être considérée comme de l’art brut.
La spontanéité de mes traits n’a rien à voir avec l’ignorance d’un académisme pictural.
En réalité, ma nature refuse toute conception qui m’obligerait au politiquement correct.
J’ai besoin de m’abstraire de la réalité physique pour que mes propres expressions prennent forme sans être parasitées par les reliques de la complaisance.
Ma peinture se rapproche de l’art dit premier. Je vis pleinement des instants divins où les mots des hommes ne sont pas encore écrits. Je dévore le nébuleux, je suis un substantif.
Déraciné sur la terre de mes ancêtres,
Le soleil d’un infini m’a pris la main pour me transporter auprès d’un père abstrait.
Mes œuvres sont techniquement spontanées ; leur clarté est l’aboutissement de longues réflexions mentales, soumises à mon gommisme, cet art de créer par l’effacement.
Je suis comme un moine créant des icônes, trouvant dans la division d’une surface à peindre une spiritualité nécessaire pour créer une rythmique divine entre des facettes de couleurs lumineuses.
Pourtant, je peins par chagrin, à la recherche du perdu. Je suis un artiste de foi, un enfant à la candeur joyeuse pour vivre la beauté de la vie.
J’atteins avec « Les pétales du tournesol » le substantif de mon art.
Je suis devenu un créateur d’icônes de vie.
Fleur de vie
La pluie traverse l’émeraude du lagon,
Le ciel de gris bleuté danse,
Mes larmes sont des accords,
L’oxygène pénètre mon âme,
Ma main dirige la couleur,
L’amour appelle ma vie,
Je déborde d’émotions,
Harmonie d’un espoir…
Mourir puis s’en va…
Tournesol fleurira.
Mathius TO’ERAU le suréviste. Tahiti août 2026

