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LA CRÉATION OU LES INUTILES INDISPENSABLES

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LA CRÉATION OU LES INUTILES INDISPENSABLES

En en-tête des origines des Dieux, des mondes, des choses et de toutes vies, il y a la « Création ».

En cet en-tête, le bien et le mal n’existent pas.

Car la « Création » fut la Déesse initiatrice du Dieu de « Tout », et seule la « Création » est le concept de tout.

Oui ! En en-tête du dôme de l’univers, la « Création » était déjà installée en son lieu.

Oui ! En préalable de la lumière et du néant, la « Création » était déjà installée en sa forme.

Oui ! En avant de l’intelligence, la « Création » était déjà installée au fond de « Tout ».

Oui ! À l’origine de l’éternité était la « Création ».

Oui ! Avant la « Création », le passé n’avait jamais été car le monde était sans souvenir et ne pouvait pas emplir le futur du souffle d’un vécu.

Oui ! C’est en une instante inspiration que la « Création » créa le Dieu de « Tout ».

Mais le Dieu de « Tout » est inaccessible, car, au-delà de sa dépendance inspiratrice avec la Création, et par-delà leur enfant « l’Unique », le père de notre Univers, il a comme attributs l’inexplicable et le verbe.

Le Dieu de « Tout » est sans nom, et personne ne peut avoir accès à lui sans l’autorisation inspirée de la Création.

La « Création » et « Tout », à la conceptualisation de « l’Unique », ne savaient quel attribut formel donner à ce dernier.

Cependant, « Tout » sera le verbe par lequel « l’Unique » conjuguera le futur.

C’est pourquoi, à cette époque, « l’Unique » ne savait pas encore qui il était.

« L’Unique » était seul, au-dedans seul, au-dehors seul, au-dessus seul, au-dessous seul, seul devant et derrière.

Sa solitude emplissait l’univers sans ciel, car « l’Unique » avait reçu comme attribut, par « Tout », et cela à l’insu de la « Création », le néant.

Le rien tourmentait l’Unique, et il souffrait des uniques entrailles du Tout, la « Création ».

C’est après une incommensurable solitude de rien et à l’aube de l’éternité qu’il se mit à crier de souffrance.

L’écho de sa douleur était si résonnant qu’il parvint à ébranler le Tout dans son immuable verbe, ce qui eut pour effet de faire pleurer la Création de tristesse.

Le Verbe en « Tout », source encore aujourd’hui du silence, surpris par cet écho de douleur, détacha une larme de la « Création » pour s’enquérir de celui qui divisait le silence de son « Tout ».

La larme de la « Création » vint briser le néant dans lequel était installé « l’Unique ».

Maintenant, le néant n’existant plus en « l’Unique », ce dernier devint divisible, et afin de punir le « Tout », la « Création » donna à « l’Unique » comme nouveaux attributs l’imagination et le souffle créateur.

Par ces nouveaux attributs, Unique, l’éternité de « Tout » se divisa, se divisa encore et encore jusqu’à ce que la conjugaison du verbe réponde au cri de souffrance de « l’Unique ».

L’Amour entre « Tout » et la « Création » était né et ils trouvèrent cela bon.

Alors, en souvenir de cet éternel amour, ils décidèrent d’un commun accord qu’éternellement « l’Unique » rayonnerait dans le cœur de chaque créateur à venir.

L’Unique dirigea son regard vers son haut et vers son bas.

L’Unique fixa un regard devant lui et derrière lui.

L’Unique, afin de chercher le regard de « Tout » et de la « Création », fit disparaître son regard un instant au-dedans et au-dehors de son imagination.

C’est ainsi que le Kao s’installa dans l’univers de « l’Unique ».

Alors, le chant de la Création se mit à emplir « Tout », et un ciel, un ciel, un ciel et des cieux en « Unique » se mirent à naître.

Le ciel blanc et le ciel noir engendrèrent à leur tour des arcs-en-ciel de toutes les couleurs de la « Création » qui traversèrent « Tout » afin qu’un pont apporte une réponse apaisante aux échos de « l’Unique » qui résonnaient toujours en « Tout ».

L’Unique s’écria en regardant vers le bas : « Le vide n’existe plus ! »

L’Unique s’écria en regardant vers le haut : « Le dôme de l’Univers est. »

Alors, la « Création » et « Tout », heureux de voir leur « Unique » ne plus souffrir de solitude, donnèrent à ce dernier comme nouvel attribut la Lumière pour combattre son néant.

La lumière est en « Tout ».

La lumière est « Unique ».

La lumière est « Création ».

Depuis, en souvenir de sa souffrance originelle, « l’Unique », père de notre Univers, donne le tourment comme attribut à chaque Artiste créateur.

Ainsi, ces derniers trouvent la lumière créatrice et inspirante pour vaincre le néant.

Oui ! Les Artistes, depuis l’origine de l’humanité, sont les inutiles de « Tout », mais les indispensables de la « Création » afin que « Tout » conceptualise une âme humaine pour tous ceux n’ayant aucune inspiration créatrice.

Oui ! Les artistes sont les racines de l’humanité.

C’est pourquoi « l’Unique », en hommage à la « Création », a nommé pour l’éternité les Artistes Créateurs : « Chevaliers de l’Inutile Indispensable aux Pouvoirs d’un Rien ».

Aujourd’hui plus qu’hier, et afin d’inventer mon futur, les larmes de mon âme construisent ma conscience comme le reflet du miroir qui montre un ailleurs.

Oui ! L’Unique en moi va vers le « Tout » au rythme du chant de la « Création ».

Oui ! Mon œuvre tout entière est un hommage à « l’Unique ».

Oui ! Mon œuvre tout entière est une larme passionnelle qui me conduit à aimer « Tout ».

Je combats le néant installé depuis l’origine des temps dans chacun de nos cœurs.

Je ne suis rien, j’assume juste l’amour reçu en héritage.

Je crée.

Mathius Tahiti 1980

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