Un secret pervers, c’est la pratique du non-dit — œuvre de Mathius TO’ERAU

Autogenèse 08

Un secret pervers, c’est la pratique du non-dit. Quand la condescendance détruit le lien social

La condescendance n’est pas une simple maladresse sociale. Elle est l’expression du mépris. Or le mépris détruit la reconnaissance réciproque sur laquelle repose tout lien social. On ne peut pas mépriser quelqu’un tout en le reconnaissant comme un égal ; les deux s’excluent.

Lorsqu’une société banalise le mépris, elle ne perd pas seulement de la politesse ; elle perd les repères moraux qui permettent de reconnaître l’autre comme un semblable.

Ce qui vaut entre deux individus vaut aussi pour les institutions. Le citoyen existe parce qu’il est reconnu par la cité comme sujet politique. L’utilisateur, lui, n’a besoin d’aucune reconnaissance ; il consomme un service qui fonctionne indépendamment de toute réciprocité.

Le passage du citoyen à l’utilisateur marque une rupture.

La réciprocité cesse d’être la condition du lien social et laisse place à un lien manipulateur.

Le non-dit devient alors le véritable ciment du système. Chacun pressent qu’un lien s’est rompu, mais l’absence de mots pour le nommer permet au mécanisme de perdurer.

Mathius TO’ERAU, le Suréviste

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